Au départ ce dû être un stage... mais mes deux stagiaires Québécoises se sont décommandées pour une autre date. Deux places sont donc disponibles. M. est toujours là, elle a une copine Allemande qui peut venir... ça fait trois... et Daniel, stagiaire Québécois de début octobre a eu vent de l'affaire et se dit prêt à revenir... C'est validé.
On n'est plus sur un plan stage mais convoyage... avec deux dates buttoir: débarquer Anoosh à Lanzarote le 29 novembre et Daniel à Ténérife le 3 décembre...
J'ai l'impression que l'on rentre dans un autre monde, celui du convoyage...
Anoosh est artiste, végétarienne, fait du yoga, boit du maté toute la journée accompagnée de M. c'est leur point commun.
Je sais que le yoga en mer c'est hors sujet, le maté compliqué, le régime végétarien possible...
Et donc le 18 au matin c'est parti pou 160 miles. La météo est favorable, navigation au portant dans un vent modéré...
Et donc on a battu un record absolu pour l'équipage avec 100 % de malades... Pas à vouloir se jeter à l'eau, non, mais quand même bien secoués...
Avec toujours cette question existentielle "et toi tu n'as jamais eu le mal de mer?" Et bien non... ça laisse perplexe sur l'égalité des chances dans la vie
L'espoir failli renaître car avant de partir on a fait une demande d'autorisation d'arrêt aux îles SALVAGENS, en espérant y passer la nuit...
On y est donc arrivés un peu avant midi...
Ah pour être sauvage c'est sauvage...Le mouillage est petit, entouré de cailloux, il y a un peu de houle, le vent est dans tous les sens et on ne connaît pas la tenue de l'ancre... Ça fait beaucoup pour espérer passer une nuit tranquille.
Donc après un repas au mouillage, une sieste, départ avant la nuit pour les 140 miles qui nous séparent de la première île des Canaries...
Et 22 h plus tard, en fin de journée, on arrive à Graciosa...
Là, c'est plus tranquille, un beau mouillage, 6 bateaux, du sable de bonne tenue pour l'ancre... On y restera 4 jours...
Randos, visite de la marina, baignade... on ne s'en lasse pas...
Et une soirée crêpes... sans cidre... c'est introuvable à part un jus de pomme un peu alcoolisé qui ne ressemble à rien.
Et le troisième jour, je reçois un coup de fil d'un ami, Philippe que j'ai connu en Martinique et à qui j'ai rendu visite à Martigues où il réside maintenant. Il a entre autre fait l'expertise de mon bateau avant l'achat.
"Je vois un bateau comme le tien, un DUFOUR 405, ce n'est pas toi par hasard? Je suis sur un cata, on est arrivés cette nuit en convoyage vers les Antilles" On va donc le rencontrer et visiter l'ORC 50, un cata à 2 000 000 €.
Étonnant non?
On descend ensuite au sud de Lanzarote. Après 6 jours de mer le temps est peut-être venu de prendre une vraie douche...
On a aussi le droit à la douche froide avec un stationnement à 52 € la nuit, record battu...
S'en suit une série de mouillages tranquilles... Playa MUJERES, playa PAPAGEYO...
On ira ensuite à la marina de PUERTO CALÉRO... C'est compliqué dans ces îles de trouver une place de port. Il y a les ports publics, les ports privés.
On peut demander une réservation sur une plateforme, ou sur Navily, ou directement sur le site de la marina. Ils répondent ou pas aux mails au téléphone à la VHF... Un parcours du combattant, ce qui fait que lorsqu'on a une place, on la garde.
On a une journée de battement pour visiter l'île avant le départ des équipières.
Au menu les grottes de CUEVA VERDES. Le tunnel formé par le Volcan de la Corona est un des plus longs et des plus captivants de la planète. Pas moins de seize « jameos » (cavités) jalonnent sa traversée. Plus de six kilomètres de galeries s’étendent depuis le cratère du volcan jusqu’à s’enfoncer dans la mer sous la forme d’un tronçon sous-marin d’un kilomètre et demi, surnommé le « Tunnel de l’Atlantide ».
On en visite 1 kilomètre, impressionnant...
Et donc M. et Anoosh quittent le navire... suite du convoyage à deux
Il nous reste 200 miles à faire en trois jours...
Donc ça ne traîne pas. Première étape de 40 miles de Puerto Caleta à GRAND TARAJAL sur l'île de Fuerteventura, qui est de grande longueur.
Arrivée en soirée...
Deuxième étape de 90 miles qui nous mènera à MELONERAS, sur Grande Canaria...
On arrivera de nuit, mais on a pêché une dorade coryphène, premier poisson depuis 5 mois...
Trop tard pour cuisiner, le poisson attendra demain.
Sauf que le lendemain il y a 20/25 nds de vent au bon plein, avec rafales.
Alors deux ris dans la GV et 3 dans le génois, c'est délicat aux fournaux. On se contentera d'un soupe à midi...
Les 60 miles sont avalés en moins de 8 heures.
Mais le soir hum... un délice... une fois arrivés à la marina AMARILLA.
C'est ici que je vais passer l'hiver, disons que ce sera le camp de base pour naviguer vers les îles alentours.
Sympa la navigation à deux me dire Daniel, et l'ajouterais surtout entre francophones... parce que ce n'est pas pour dire mais 4 mois avec des anglophones ça finissait par me peser...



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Daniel Boulanger (vendredi, 05 décembre 2025 10:01)
Quel beau témoignage JC... Merci encore et bonne suite de tes activités aux Canaries...
Benoît (vendredi, 05 décembre 2025 10:58)
Que d'aventures ! Top !
Pascaline (vendredi, 05 décembre 2025 13:15)
Une belle navigation et des paysages sympa. Cette grande étape va être sympa
Gwen (vendredi, 05 décembre 2025 18:56)
Un régal de lire cet article, encore une fois ! Cela donne envoi d'en faire partie, dear Sir JC :-)
Christian (samedi, 06 décembre 2025 06:57)
4 mois avec des anglophones… ça veut dire que tu as forcément fait des progrès dans la pratique de la langue de Shakespeare ! Que du positif pour la suite de tes aventures en 2026 … ��
Muriel (dimanche, 07 décembre 2025 02:44)
Pour la première fois je n’ai pas eu envie d’être de la partie à la lecture de tes aventures : le froid, mal de mer affectant 100 % de l’équipage …bon courage Captain et comme d’habitude Un grand Bravo !
Claire (mardi, 09 décembre 2025 04:51)
Magnifique
Comme cela donne envie
Toute ma sympathie aux « malades «
Bises
P. (mardi, 09 décembre 2025 11:01)
Solidarité avec les "maldemeriens" ... mais la suite est si belle !
Daniel Boulanger (mardi, 09 décembre 2025 16:35)
Le mal de mémérage n'a duré que quelques heures chacun :-)